Depuis quelques années, la bicyclette effectue un retour spectaculaire dans les centres urbains de l'Hexagone. Face à l'urgence climatique et à l'engorgement des centres-villes par les automobiles, les municipalités rivalisent d'initiatives pour encourager ce mode de déplacement doux, transformant ainsi durablement le paysage urbain.
L'essor de la pratique cycliste n'est pourtant pas sans heurts. Si la création de nouvelles pistes cyclables a permis de sécuriser les trajets, la cohabitation entre cyclistes, piétons et automobilistes reste parfois tendue. Les associations d'usagers réclament d'ailleurs des infrastructures mieux séparées pour éviter les accidents, de plus en plus fréquents avec l'augmentation du trafic des vélos à assistance électrique.
Malgré ces défis, les bénéfices sont indéniables. Sur le plan économique, l'industrie du cycle en France connaît une croissance sans précédent, créant de nombreux emplois dans la réparation et la vente. Sur le plan de la santé publique, l'usage quotidien du vélo contribue à réduire les risques de maladies cardiovasculaires tout en diminuant la pollution de l'air, responsable de milliers de décès prématurés chaque année.
Pour Hélène Dubois, urbaniste, le défi des prochaines années sera l'intégration des banlieues : « Les centres-villes sont désormais bien équipés, mais le véritable enjeu est de permettre aux habitants des périphéries de se rendre au travail à vélo en toute sécurité. Cela nécessite des investissements massifs dans des "réseaux express vélo" à l'échelle régionale. »